Cambridge Analytica et le capitalisme débridé de la data

Vous n’êtes sûrement pas passé•e•s à côté de cette crise qui secoue le web 2.0 connecté mondial : Vos (pardon, Nos) données personnelles ont été dérobées à des fin de manipulation, de contrôle de masses et marketing électoraliste.

Photo by Thought Catalog on Unsplash

Ok, une fois cette base posée regardons un peu le problème en face. Contrairement à ce qui se dit partout, Cambridge Analytica n’a pas volé de données, il n’y a pas eu de « leak », facebook ne s’est pas fait « dérober » des données utilisat•eur•rice•s . Non non, Cambridge Analytica a tout simplement utilisé une fonction standard de facebook. Certes, ils ont menti sur leur utilisation en se faisant passer pour un centre de recherche mais ils ont fait exactement ce pourquoi facebook à été créé. Ni plus ni moins.

Le fond de ce problème en revanche est intéressant, et les répercussions le seront peut être tout autant.

Cela fait des années qu’on nous bassine avec l’adage « si c’est gratuit c’est toi le produit » comme si c’était une évidence, alors que c’est faux. Framasoft propose un tas d’outils gratuits sans voler nos données, mastodon est gratuit, toute l’économie du logiciel libre prouve que cet adage est faux.
Spotify est payant et ne se gène pas pour nous piquer nos donnée, quand vous payez pour de l’espace de stockage supplémentaire, google n’arrête pas de lire vos mails, si vous êtes abonné•e•s au monde les trackers sont toujours sur leur site.

TINA FTW

Le problème n’est donc pas tant qu’on puisse vouloir obtenir des services gratuits et de qualité en échange de nos données, mais il réside dans le fait que ce soit vu comme seul modèle de rentabilité dans l’économie numérique.
En ce sens les propositions de monétiser nos données, portées notamment par ce cher Bruno Bonnel, député LREM, entrepreneur-marcheur dans toute sa splendeur, sont un réel danger pour la vie privée.

Ce discours droitiste valide le fait que tout fait partie du marché, que tout a un prix et que tout doit pouvoir être vendu et acheté. Que vous en soyez conscient•e•s ou pas, que vous le souhaitiez ou non. Résignons nous. There Is No Alternative comme l’aurait crié cette bonne vieille Maggie.

Accepter que que nos données soit collectées partout tout le temps est un danger critique pour notre société. Les recherches menées sur la société de la surveillance, de Foucault à Tijman Schep le démontrent amplement et des exemples concrets nous prouvent quotidiennement les dangers de laisser le marché libre de faire ce qu’il veut.

On lit pas mal d’articles bien WTF de la presse en ligne nous donnant de précieux conseils pour protéger notre vie privée. Ainsi  01net nous explique comment éviter les trackers (avec 17 trackers installées sur son site), mais ce journal n’est pas seul fautif, une grande partie de la presse a recours à ces trackers, certains refusent même que nous visitions leur site avec un bloqueur de publicité activé.

Quand on sait que plus de 70% des sites (étude portant sur le Top 1M de sites) comporte des trackers – google largement en tête – on se rends compte que le problème est massif et qu’on aura beau tenter de faire de l’éducation auprès des édit•eur•rice•s de contenu, des développeu•r•se•s etc… Le changement ne pourra venir que d’une régulation politique ferme.

L’industrie de la donnée est actuellement la figure de proue du capitalisme non régulé, tant que ça se vend on trouvera des acheteu•r•se•s, même si les vendeu•r•se•s ne sont pas consentant•e•s.

 

La RGPD est un pas en avant très positif il faut en revanche aller plus loin et réguler ce marché. On ne peut pas continuer à autoriser les entreprise de la tech à s’approprier nos données juste parce qu’elles le peuvent.

Datalove sur vous

A.

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